Les étapes clés pour accéder au poste de PDG d’une grande entreprise

La mise en œuvre d’un PGI est généralement synonyme de cascade ou de cycle V. Cependant, ces projets, qui, en grands groupes, atteignent des dizaines de millions d’euros, subissent un glissement presque systématique.

Par Thierry Cartalas, associé, TNP Consultants et Rémi de Gaudemaris, consultants chez TNP

L’agilité ne se contente plus d’être un mantra réservé aux startups. Aujourd’hui, adopter une démarche agile permet non seulement de livrer une solution opérationnelle plus tôt, mais aussi de garder la main sur les budgets. Les éditeurs prennent le train en marche et enrichissent leurs solutions d’outils conçus pour fluidifier la gestion de projet.

Alors, concrètement, comment injecter de l’agilité dans un projet ERP de grande ampleur ? Le sujet n’est plus théorique : il s’agit de transformer une promesse en réalité sur le terrain.

Ce que les éditeurs mettent sur la table

Les retours d’expérience s’accumulent : livrer un ERP par itérations, en démontrant régulièrement les avancées, est désormais à portée de main. SAP, pour ne citer que lui, propose deux déclinaisons de sa méthode Activate : l’une classique en mode séquentiel, l’autre clairement inspirée des principes Scrum.

Mais les éditeurs ne s’arrêtent pas à la méthode. Ils fournissent à leurs clients des outils dédiés, souvent sans surcoût, qui simplifient l’adoption de pratiques DevOps. Ces nouveaux leviers rendent possible une accélération du déploiement, tout en réduisant le délai entre configuration et mise à disposition effective des développements.

Quand l’agilité fait ses preuves

Adopter l’agilité au sein de grandes organisations n’est plus une perspective lointaine. Prenons le cas d’un géant français de l’énergie, exploitant l’un des plus vastes environnements SAP au monde. Pour le support de son processus « compteur-to-cash », cette entreprise a confié la responsabilité à quatre équipes distinctes, chacune avançant à un rythme soutenu de 18 itérations annuelles. La gestion agile s’est ainsi imposée pour le maintien de plateformes majeures. Mais franchir ce cap pour la phase de construction reste un défi d’une autre ampleur.

Refactoring et automatisation à grande échelle

Implanter un PGI dans une grande entreprise, c’est nécessairement composer avec une multitude de fonctions et une intégration profonde dans le système d’information. L’ERP dialogue avec une galaxie d’applications satellites, multipliant, de fait, les besoins de refactoring.

En mode agile, la portée évolue selon les priorités du moment. Accepter cette variabilité, c’est aussi anticiper ses conséquences. Pour éviter que la « refonte » des interfaces ne devienne incontrôlable, l’automatisation des tests d’intégration et de non-régression doit être systématique. Sans cela, le projet s’enlise.

Le dilemme du code spécifique à l’heure du cloud

Un ERP repose sur un modèle de données complexe, cœur de l’entreprise. Les développements sur mesure, ces fameux « spécifiques », alourdissent la facture globale et créent une dette technique qui entrave l’agilité au fil du temps.

Limiter cette dette suppose d’instaurer une véritable autorité de conception, chargée de veiller au respect des standards logiciels et de tirer parti des possibilités offertes par le cloud. Par exemple, préférer le développement de parcours utilisateurs via des moteurs de workflow plutôt que de multiplier les lignes de code ABAP sur SAP. Miser sur les ressources exposées via API permet de préserver l’intégrité du modèle de données tout en restant souple.

Monter en compétence et orchestrer à large échelle

Rendre un ERP agile implique l’émergence de nouveaux profils hybrides. Le développeur devient aussi challenger des choix business, l’opérateur endosse un rôle d’automatisation avancé. La frontière entre technique et fonctionnel s’estompe.

Mais coordonner des talents multiples, aux compétences variées, dépasse le cadre des méthodes agiles classiques. La question n’est plus d’industrialiser un projet, mais de faire infuser l’agilité dans toute la structure. Certaines initiatives cherchent à rapprocher les méthodes d’implémentation ERP et les cadres d’agilité à grande échelle, à l’image de SAP Activate combiné à Safe.

L’agilité s’impose désormais comme un standard crédible dans les grands groupes. Elle promet une valeur tangible pour l’entreprise et un pilotage plus fin des coûts et des risques. Mais pour que la promesse devienne réalité, il faut investir dans des chaînes d’automatisation robustes et miser sur des compétences en perpétuelle évolution, quitte à bousculer les habitudes des grands intégrateurs.

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  • Agile à l’emballage : comment transformer la fonction achat ?
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  • L’agilité est-elle possible sans compétences transverses ?
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  • L’automatisation : un passage obligé pour apporter de la valeur dans l’Agile
  • Transformation agile à grande échelle : quelle stratégie adopter ?
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  • Convertir son entreprise à l’Agile… sans heurts
  • Méthodes agiles : le moment est venu de passer à l’échelle

Adopter l’agilité dans les projets ERP, c’est réinventer les règles du jeu dans un paysage où la routine n’a plus sa place. Reste à savoir qui saura transformer l’essai… et qui regardera le train passer.