Un jour férié ne se traite pas de la même façon selon qu’il est chômé, travaillé, ou qu’il tombe un dimanche. En 2026, le calendrier mélange des jours fériés en semaine, le week-end, et quelques configurations qui modifient directement le calcul de la rémunération.
Avant de parler de paiement ou de récupération, il faut poser deux distinctions fondamentales : le régime du 1er mai, qui obéit à des règles spécifiques, et le régime des dix autres jours fériés, dont le traitement dépend en grande partie de la convention collective applicable.
Ce que le Code du travail prévoit réellement pour les jours fériés chômés
La règle de base est simple : un salarié qui ne travaille pas un jour férié chômé ne subit aucune perte de salaire, à condition de totaliser au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise (article L3133-3 du Code du travail). En dessous de ce seuil, l’employeur n’est pas tenu de maintenir la rémunération.
Ce qui surprend souvent, c’est la distinction entre chômage légal et chômage conventionnel. Seul le 1er mai est obligatoirement chômé pour l’ensemble des salariés, sauf exceptions légales (services essentiels ne pouvant interrompre leur activité). Pour les dix autres jours fériés, l’obligation de chômer peut résulter d’un accord collectif, d’un usage d’entreprise, ou d’une décision unilatérale de l’employeur – mais elle n’est pas imposée automatiquement par la loi.
Conséquence directe : avant de calculer quoi que ce soit, il faut vérifier si le salarié aurait normalement dû travailler ce jour-là. Un salarié dont le contrat ne prévoit pas de travail le jeudi ne « perd » rien si l’Ascension (un jeudi en 2026) est travaillée ou non : il n’avait pas de rémunération à percevoir ce jour-là.
Jours fériés travaillés en 2026 : majoration ou récupération ?
La confusion la plus fréquente porte sur la majoration de salaire. Travailler un jour férié n’ouvre pas automatiquement droit à un « double salaire » – cette règle n’existe pas dans le Code du travail pour les jours ordinaires. La majoration de salaire pour jour férié travaillé dépend exclusivement de la convention collective applicable à l’entreprise, ou d’un accord d’entreprise plus favorable.
En l’absence de disposition conventionnelle, l’employeur est seulement tenu de rémunérer le travail effectif au taux normal. C’est la convention collective – ou le contrat de travail individuel – qui peut prévoir une majoration (par exemple 25 %, 50 % ou 100 % selon les secteurs), un repos compensateur équivalent, ou une combinaison des deux.
Pour 2026, quelques configurations méritent attention :
- Le 1er mai travaillé ouvre droit à une indemnité égale au salaire versé pour ce jour, qui s’ajoute à la rémunération normale. Le salarié perçoit donc en pratique le double de ce qu’il aurait gagné, sans que la convention collective ait besoin de le prévoir.
- Le 8 mai (Victoire 1945) tombe un vendredi, créant un long week-end. Les salariés qui travaillent ce jour-là relèvent du régime général : vérification de la convention collective obligatoire avant de calculer la majoration éventuelle.
- L’Ascension (14 mai) est un jeudi, ce qui rend le vendredi 15 mai tentant pour un pont. La gestion de ce pont (journée de solidarité, RTT, congé ordinaire) est distincte du traitement du jour férié lui-même.

La récupération d’un jour férié chômé : ce que dit la loi
Un point souvent mal compris : un jour férié chômé ne peut pas être récupéré par l’employeur. Cela signifie qu’un employeur ne peut pas imposer au salarié de travailler un autre jour pour « compenser » un jour férié non travaillé. Cette interdiction est posée par le Code du travail et ne peut pas être contournée par un accord d’entreprise moins favorable.
Cette règle se distingue de la récupération des heures perdues pour d’autres motifs (intempéries, pannes, etc.), qui obéit à un mécanisme différent. Les deux ne se confondent pas.
En revanche, si le salarié n’a pas travaillé un jour normalement ouvré parce que son employeur a décidé de chômer le jour férié, et si le salarié n’a pas l’ancienneté requise, l’employeur peut ne pas maintenir le salaire – sans pouvoir non plus exiger une récupération des heures.
Jours fériés tombant un samedi ou un dimanche : quel impact sur le salaire ?
En 2026, deux jours fériés tombent hors semaine de travail : l’Assomption le 15 août (samedi) et la Toussaint le 1er novembre (dimanche). Pour ces deux dates, la question se pose : le salarié bénéficie-t-il d’une compensation ?
La réponse légale de base est négative : aucun report automatique n’est prévu par le Code du travail lorsqu’un jour férié coïncide avec un jour habituellement non travaillé. Le salarié ne perd rien parce qu’il ne travaillait pas ce jour-là de toute façon, mais il ne gagne pas non plus un jour de repos supplémentaire.
Des dispositions conventionnelles peuvent toutefois prévoir une compensation (un jour de repos supplémentaire, une prime, ou un report). C’est encore la convention collective qui fait la différence – et c’est pourquoi consulter ce document avant tout calcul reste la première étape.
Journée de solidarité et ponts en 2026 : ne pas mélanger les régimes
La journée de solidarité est souvent confondue avec un jour férié. Elle n’en est pas un. Elle correspond à une journée de travail supplémentaire non rémunérée, dont les modalités d’accomplissement sont fixées par accord collectif ou, à défaut, par l’employeur. En pratique, elle prend souvent la forme du lundi de Pentecôte travaillé – qui en 2026 tombe le 25 mai.
Un pont, lui, correspond au jour ouvré situé entre un jour férié et un week-end (ou deux jours fériés). La pose d’un pont ne modifie pas le traitement du jour férié lui-même : le vendredi 15 mai 2026, par exemple, n’est pas un jour férié même s’il suit l’Ascension. L’employeur peut l’imposer ou non, selon les règles habituelles de gestion du temps de travail.
Calendrier des jours fériés 2026 et leur position en semaine
| Jour férié | Date | Jour |
|---|---|---|
| Jour de l’An | 1er janvier | Jeudi |
| Lundi de Pâques | 6 avril | Lundi |
| Fête du Travail | 1er mai | Vendredi |
| Victoire 1945 | 8 mai | Vendredi |
| Ascension | 14 mai | Jeudi |
| Lundi de Pentecôte | 25 mai | Lundi |
| Fête nationale | 14 juillet | Mardi |
| Assomption | 15 août | Samedi |
| Toussaint | 1er novembre | Dimanche |
| Armistice 1918 | 11 novembre | Mercredi |
| Noël | 25 décembre | Vendredi |
La position en semaine conditionne directement les enjeux de rémunération et de pont. Un jour férié tombant un mardi ou un jeudi crée mécaniquement une pression sur l’organisation des congés, sans que cela modifie les droits légaux du salarié. Vérifier la convention collective de branche reste la seule façon d’obtenir le calcul exact applicable à une situation donnée.

